Lauréat du programme Tims, le projet « En Selle ! » porté par La Recyclerie Sportive fait du vélo un vecteur d’inclusion sociale. Dans les quartiers populaires de Marseille, l’association conduit un chantier d’insertion et promeut la pratique du deux-roues pour lever les freins à la mobilité.
Publié le 1 juin 2026
Quartiers Nord de la cité phocéenne, boulevard de Briançon. C’est ici que l’antenne marseillaise de La Recyclerie sportive, association spécialisée dans le réemploi et la redistribution d’équipements sportifs a ouvert ses portes en 2021. Deux ans plus tard, la structure monte un chantier d’insertion autour de la mécanique vélo. Changement des câbles, gaines, patins et freins, ajouts de béquilles et catadioptres… Douze salariés en réinsertion remettent chaque jour en état des vélos collectés en déchetterie ou donnés par des particuliers. À la faveur du programme Tims, La Recyclerie Sportive a lancé « En Selle ! », un projet de mobilité durable et inclusive. Son ambition ? « Faire de ce chantier d’insertion un support pour développer des actions de mobilité solidaire en faveur de personnes empêchées », explique Axel Schoenhenz, coordinateur de La Recyclerie Sportive. Depuis 2024, les vélos réparés sont ainsi proposés au prix de 50 euros (casque, lumières et cadenas compris) à des personnes en situation d’exclusion. Parmi les bénéficiaires, des demandeurs d’emploi, des mineurs non accompagnés et des personnes exilées, fléchés par l’association partenaire Wimoov, en lien avec France Travail.
À travers ce projet, nous faisons de l’insertion à deux niveaux : une insertion directe par l’activité économique, et une insertion plus indirecte en agissant sur le volet mobilité
Retrouver de l’autonomie dans les déplacements
Pour se familiariser avec la pratique du vélo ou se remettre en selle, les bénéficiaires peuvent suivre une formation dispensée sur deux demi-journées ou une journée complète. La sécurité routière et la culture vélo sont abordées avant de partir s’exercer en milieu urbain. La session se termine par une initiation à la mécanique et l’entretien basique du vélo (changer une chambre à air, régler un frein). « L’objectif est de permettre aux gens d’être autonomes sur leur vélo », explique Constance Eygun, cheffe de projet éco-mobilité inclusive. « Ici, le service de transport en commun est peu développé, avec une plage horaire qui ne satisfait pas ceux qui travaillent très tôt ou tard, précise-t-elle. Il y a aussi la problématique de la voiture qui coûte de plus en plus cher, dans une ville saturée où il est de difficile à se garer. » Dans ce contexte, le vélo devient une solution concrète pour se déplacer au quotidien, accéder aux services, se rendre à l’école, à un stage ou à un entretien d’embauche. En 2025, près de 300 personnes ont pu récupérer un vélo et être sensibilisées à sa pratique. Dans une ville où le nombre de cyclistes a bondi de 70% ces quatre dernières années, la Recyclerie Sportive montre qu’économie circulaire, insertion et écologie peuvent avancer sur le même guidon.