Retour d'expérience

Pays de Lumbres : l’autopartage électrique au service des mobilités rurales

Dans les villages du Pays de Lumbres, au cœur des bocages du Pas-de-Calais, difficile encore de se passer de voiture au quotidien. Alors, pour proposer une alternative à la voiture individuelle, la communauté de communes a déployé sept stations de mobilité, qui mêlent autopartage électrique et vélos à assistance électrique (VAE). Un dispositif renforcé par le programme Tims, avec un objectif de taille : le rendre accessible au plus grand nombre !

Publié le 15 octobre 2026

C’est au détour du Pays de Lumbres, entre Saint-Omer, Boulogne-sur-Mer et Calais, que l’on croise depuis quelques années ces stations d’un nouveau genre. Garées à proximité des centres-bourgs, des voitures électriques y attendent sagement leurs prochains conducteurs, accompagnées, pour certaines, de VAE.

Dans ce territoire de 24 000 habitants, où 75 à 80 % des actifs travaillent à l’extérieur de la communauté de communes, la mobilité représente un véritable enjeu du quotidien. C’est donc dès 2018 que les communes d’Escœuilles et de Seninghem ont expérimenté avec succès l’autopartage électrique. Une réussite qui a incité la Communauté de communes du Pays de Lumbres (CCPL) à élargir le dispositif et, très vite, cinq nouvelles stations ont suivi, inaugurées en 2022 à Bonningues-lès-Ardres, Wavrans-sur-l’Aa, Lumbres, Zudausques et Nielles-lès-Bléquin.

Le principe se veut simple et accessible : une voiture peut être réservée pour 1 euro, puis 1 euro par heure, sans tarification différenciée selon les revenus.

La mobilité est vraiment au cœur de nos politiques : si on ne se déplace pas, on ne peut pas aller s’alimenter, aller chez le médecin, se former...

Maëlle Ballandras

Chargée de mission mobilités durables à la Communauté de communes du Pays de Lumbres

En milieu rural, partager plutôt que supprimer la voiture

En Pays de Lumbres, on est bien conscient que les habitants ne peuvent pas tous se passer de voiture. Mais l’autopartage peut toutefois éviter l’achat d’un deuxième véhicule ou offrir une solution ponctuelle pour aller travailler, faire des courses ou rejoindre une ville voisine.

Et le service trouve son public, puisqu’en 2025, la CCPL comptabilisait pas moins de 1 430 réservations. Entre janvier et août 2026, la fréquentation a encore progressé, avec près de 1 600 réservations enregistrées en huit mois. On note cependant que le succès est un peu moins évident du côté des vélos à assistance électrique. Si les 20 VAE initialement installés dans les stations répondaient pourtant à une demande des habitants, leur fonctionnement en boucle (le vélo doit être rapporté dans sa station de départ) s’accommode mal des distances d’un territoire rural.

Loin de se décourager et, plutôt que d’abandonner l’idée, la collectivité réfléchit désormais à d’autres usages : certains vélos pourraient, par exemple, être prêtés plusieurs mois à des jeunes ayant besoin de se rendre au travail ou mis à disposition de structures qui accompagnent des publics fragiles. « On s’est dit que laisser deux ou trois vélos à l’épicerie solidaire pouvait être intéressant », explique Maëlle Ballandras.

Aller davantage vers les habitants avec le programme Tims

Les stations existaient donc bien avant l’arrivée du programme Tims, mais il a permis à la collectivité de franchir une nouvelle étape : ne plus seulement proposer des solutions de mobilité, mais davantage accompagner leur appropriation.

Tims a notamment permis le recrutement d’une animatrice mobilité durable et inclusive, ainsi que le financement d’un véhicule supplémentaire, de supports de communication et d’actions menées directement auprès des habitants.

« Cela nous a vraiment permis de dégager du temps, d’avoir la possibilité d’aller voir les habitants et de faire énormément d’animations », souligne Maëlle Ballandras. Un travail qui concerne les stations, mais aussi le transport solidaire, les scolaires ou les personnes qui rencontrent davantage de difficultés pour se déplacer.

La collectivité entend désormais prolonger cette dynamique, puisque trois nouvelles stations d’autopartage sont envisagées dans trois villages, ainsi qu’un véhicule supplémentaire à Lumbres. Reste également à pérenniser les moyens humains et les actions engagées grâce à Tims, dont le financement arrive à son terme.

Les stations de mobilité du Pays de Lumbres

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