Retour d'expérience

Avec l’Agglo Mobile, l’agglomération de Béthune-Bruay emmène ses services au plus près de ses habitants

Depuis 2024, les habitants des communes rurales de la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois Lys Romane (CABBALR) n’ont plus à se rendre en ville pour leurs démarches administratives auprès de la collectivité. Deux agents d’accueil sillonnent le territoire, à leur rencontre.

Publié le 31 mars 2026

Mercredi 4 mars, 9h. L’Agglo Mobile, un camping-car aménagé en bureau itinérant, s’est garée sur le parking de la mairie de Noyelles-lès-Vermelles, à 10 km au sud-est de Béthune. Julie et Pascal, deux agents de la CABBALR, y sont prêts à accueillir tous les usagers qui ont des questions en lien avec les services de l’agglomération ou qui ont besoin d’être accompagnés dans leurs démarches auprès de la collectivité. Ils y resteront jusqu’à midi. L’engin rejoindra alors un autre site pour l’après-midi. À raison de deux communes par jour, il couvre ainsi tout le territoire en deux mois, faisant faire des économies de temps aux habitants.

Car sur ce « territoire de la demi-heure » où l’Agglo a organisé un maillage des services publics pour permettre à chaque habitant d’y accéder en moins de 30 minutes en voiture, les trajets peuvent néanmoins être beaucoup plus longs sans véhicule individuel.  « Les deux tiers de nos 100 communes comptent moins de 2 000 habitants. Ils peuvent prendre le bus gratuitement, mais celui-ci ne peut pas circuler dans ces zones peu denses avec la même cadence que dans une grande ville », reconnaît Olivier Ratajczak, directeur du pilotage stratégique et de l’optimisation des ressources à la CABBALR.

L’Agglo Mobile répond à la promesse faite par les élus d’offrir le même service à tous, au même coût. Elle contribue dans le même temps à la réduction des déplacements.

Olivier Ratajczak

Directeur du pilotage stratégique et de l’optimisation des ressources à la CABBALR

Si, au départ, le dispositif a d’abord été pensé pour les personnes âgées, à mobilité réduite ou sans voiture, l’Agglo Mobile reçoit en réalité un public plus large. « Tout le monde apprécie de passer moins de temps sur la route, surtout pour des démarches rapides comme une inscription au conservatoire, une question sur la facture d’eau potable ou des renseignements sur les aides à l’amélioration de l’habitat », note Olivier Ratajczak. Pour connaître le jour de passage de l’Agglo Mobile près de chez soi, il suffit de consulter le planning communiqué très en amont par la CABBALR. La tournée s’arrête dans les 67 communes du territoire qui n’ont ni antenne communautaire ni point d’information médiation multi-services (PIMMS).

Inclusion numérique et solidarité avec les femmes

La multiplication des démarches en ligne n’a pas mis fin au dispositif. « Nos agents d’accueil continuent d’accompagner les personnes en situation d’illectronisme, qui n’ont pas Internet ou ne savent pas s’en servir, explique Aurélie Sueur, coordinatrice des chargées d’accueil. Et, même s’ils reçoivent moins de visites, ils ne restent pas inoccupés puisqu’ils sont dans la boucle des appels reçus par le standard téléphonique. »

Les jeudis et samedis, l’Agglo Mobile ne fait pas accueil. Il est mutualisé avec le service cohésion sociale et solidarité de l’agglomération. Une infirmière et une médiatrice santé s’en servent comme cabinet itinérant, pour aller à la rencontre des femmes éloignées du système de soins. Elles leur proposent des examens, dépistages, renouvellement de prescriptions… Baptisée « Vers elles, en santé ! », l’opération répond à un constat préoccupant de l’Agence régionale de santé : près de 18 000 femmes du territoire n’ont pas de médecin traitant.

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