Retour d'expérience

Au Pays du Lunévillois, la mobilité comme levier d’égalité

Territoire rural et contrasté, le Pays du Lunévillois a choisi de prendre en main la question des déplacements. Le fer de lance du PETR : un service d’autopartage électrique qui offre une nouvelle autonomie aux habitants.

Publié le 17 mars 2026

Situé au sud-est du bassin nancéien, à l’ouest de l’Alsace et à proximité des Vosges, le Pays du Lunévillois est un pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) qui regroupe aujourd’hui 4 intercommunalités et 159 communes pour 77 000 habitants. « Articulé autour de Lunéville et de Baccarat, notre territoire est à la fois très rural et plutôt contrasté, indique Guillaume Cornil, directeur du PETR. Il compte un tiers de communes de moins de 100 habitants. Sa zone nord est assez dynamique, sous l’influence de la métropole du Grand Nancy, tandis que la partie située au sud-est est plus défavorisée et dépendante de la filière bois-forêt. »

Pionnier de la compétence mobilité

Depuis une dizaine d’années, les élus mènent une réflexion pour mieux organiser la mobilité, constatant que les systèmes de transport existants ne répondaient pas aux besoins de déplacement d’une partie de la population. « En 2018, le Pays du Lunévillois, qui avait déjà été labellisé Territoire à énergie positive pour la croissance verte, a été le tout premier PETR à prendre la compétence mobilité », précise Guillaume Cornil. Cette démarche a été le point de départ de plusieurs actions. Le pays a par exemple créé 20 aires de covoiturage ainsi qu’un réseau de transport à la demande accessible à tous, depuis les communes vers les bourgs-centres.

42 véhicules électriques à disposition

L’initiative majeure reste la mise en place de véhicules électriques en autopartage sur l’une des quatre communautés de communes, celle de Lunéville à Baccarat, qui réunit 43 communes et 40 000 habitants. « Nous avons déployé 42 véhicules avec bornes de recharge, à raison d’environ une voiture par commune. Une campagne de communication “Lulutour” a été organisée avec des stands dans chaque commune pour présenter le service et apaiser les appréhensions vis-à-vis des véhicules électriques. » À partir de l’application ou du site dédié, tous les habitants de la communauté de communes détenteurs d’un permis de conduire valide peuvent désormais disposer d’un véhicule pour une heure ou toute une journée, à un prix accessible : 12 € pour 6 heures, par exemple, auxquels s’ajoutent 5 centimes par kilomètre parcouru. Dans la majorité des communes, Lulu rencontre un grand succès, avec plus de 350 réservations annuelles. Toutefois, 20 % des bornes ne comptent pas plus de 25 réservations par an, sans explication apparente. Partout, la moyenne d’utilisation est de 70 kilomètres pour 4 heures.

Une démarche partenariale à coût maitrisé

« Les cas d’usage sont variés : démarches administratives, courses hebdomadaires, rendez-vous médicaux, loisirs, entretiens d’embauche… Le service est utilisé principalement par des personnes modestes, mais tous les âges sont représentés, des jeunes conducteurs aux personnes de plus de 70 ans. Lulu, c’est un vrai plus pour l’autonomie, mais aussi pour l’économie des ménages.  Certains ont même pu se séparer de leur deuxième voiture. » Fruit d’un partenariat avec Agilauto Partage, Enedis et le garage solidaire Ines, le service coûte environ 110 000 euros par an à la collectivité, un coût jugé raisonnable comparé aux 950 000 euros du transport urbain.

De l’autopartage aux chauffeurs solidaires

Depuis cette année, les véhicules sous-utilisés ont été redéployés dans les bourgs-centres des trois autres communautés de communes, avec une fréquentation en forte hausse. Dans le même temps, le PETR lance un réseau de conducteurs solidaires. Ces bénévoles utiliseront leur véhicule personnel pour accompagner des habitants sans voiture ou ne pouvant plus conduire, pour des déplacements indispensables rendus impossibles faute de transports en commun. « L’objectif est de compléter l’offre existante et de garantir à tous l’accès à une mobilité essentielle », indique Guillaume Cornil.

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