En activité depuis 2019, la plateforme Atchoum favorise les trajets solidaires en mettant en relation des conducteurs et des passagers non véhiculés ou isolés. Elle travaille étroitement avec les communautés de communes rurales à qui elle propose un service clé en main.
Publié le 13 janvier 2026
« Atchoum », drôle de nom pour une plateforme de transport solidaire et de covoiturage en milieu rural… Mais tout s’éclaire avec les explications de Vincent Desmas, président et fondateur de l’association : « Atchoum, parce qu’Atchoum réalise vos souhaits de mobilité ». Déployée dans les communautés de communes (CDC) de 30 départements, cette plateforme est principalement utilisée pour déposer une demande de trajet solidaire. « Les utilisateurs peuvent le faire sur internet mais aussi via un centre d’appel, précise Vincent Desmas. Nous proposons cette option car qui a besoin de se déplacer à la campagne ? Essentiellement des personnes âgées qui n’ont pas toujours un bon réseau internet ni un bon maniement des outils numériques. C’est beaucoup plus simple pour elles de déposer leurs demandes par téléphone. »
Conducteurs solidaires et tickets mobilité
Une fois les informations remplies (date, lieux et heures de départ/arrivée, heure pour être récupéré), ne reste plus qu’à attendre qu’un conducteur inscrit sur la plateforme se propose. Selon le président d’Atchoum, la formule fait ses preuves : environ 80 % des demandes de trajets sont satisfaites. « Pour que ça marche, il est primordial que les collectivités soient dans la boucle et communiquent auprès de leurs habitants. Nous leur demandons aussi d’avoir une personne relais qui accompagne les utilisateurs. » En Dordogne, le département où la plateforme est la plus utilisée, la communauté de communes Sarlat Périgord Noir compte 21 conducteurs solidaires pour 122 passagers. Sur la Communauté de Communes des Sources de l’Orne, où le service a été déployé en septembre 2025, 535 km ont été parcourus en octobre dernier.
Pour que ça marche, il est primordial que les collectivités soient dans la boucle et communiquent auprès de leurs habitants
Entièrement gérée par l’association, la plateforme est gratuite pour les habitants. Son utilisation est financée par les communautés de communes via un abonnement pouvant aller jusqu’à 0,65 centimes par habitant et par an. De cette manière, Atchoum n’a pas besoin de prendre de commission sur le prix des trajets. L’indemnisation payée par le passager – un forfait de base de 3,75 € jusqu’à 12km puis 0,32 centimes/km – est donc entièrement versée au conducteur. Pour ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas payer par carte bleue, la plateforme propose des tickets mobilité. « 70 % des trajets sont payés ainsi. Les tickets mobilité répondent donc à un vrai besoin. » D’une valeur de 1,25 €, ces tickets sont vendus par les mairies sous la forme de carnets de 10. Une fois le trajet effectué, le passager donne au conducteur le nombre de tickets correspondant au prix, puis l’association paye directement le conducteur.
Optimisation des trajets
Alors que le service de covoiturage peine à décoller, Vincent Desmas reconnaît l’objectif « est avant tout de trouver une solution lorsque quelqu’un a besoin de se déplacer ». Le président d’Atchoum constate néanmoins que la plateforme a pour effet d’optimiser les trajets puisque les conducteurs solidaires profitent souvent du temps d’attente pour faire leurs courses sur place. Principalement assurés par de jeunes retraités, les trajets sont aussi l’occasion, pour les conducteurs comme pour les passagers, de rompre l’isolement et de créer du lien social.