A Stains, dans une commune confrontée à une forte précarité, la Régie de quartier Les Rayons fait de la mobilité durable un levier d’insertion et de transition.
Publié le 10 mars 2026
Membre de l’établissement public territorial de Plaine-Commune, la ville de Stains se situe au nord du Grand Paris, entre Saint-Denis, la Courneuve et Pierrefitte-sur-Seine. Comme ses voisines, elle figure parmi les villes les plus pauvres de France, mais c’est aussi un territoire dynamique et solidaire, riche de sa diversité et de son engagement citoyen. Depuis 2013, la Régie de Quartier Les Rayons incarne ce dynamisme. Opérant dans le quartier prioritaire du Clos Saint-Lazare, cette structure associative d’insertion par l’activité économique contribue activement à l’amélioration du cadre de vie, à travers l’insertion professionnelle des habitants de la ville.
À l’heure actuelle, Les Rayons emploient environ 70 salariés en insertion et une trentaine de collaborateurs permanents pour des activités variées : nettoyage, entretien des espaces verts et des voiries, petits travaux de maintenance, lutte contre les punaises de lit, collecte de cartons et de cagettes, animation et services aux habitants, sans oublier une solution de livraison à vélo dédiée aux entreprises de la Seine-Saint-Denis. Aux côtés de cette vaste gamme de services, la régie de quartier se mobilise également sur le terrain de la mobilité, « pour aider les Stanois et les Stanoises à se déplacer plus rapidement, de manière plus économique mais aussi plus écologique », résume Anas Dwaik, coordinateur Mobilité et du Pôle Lien social des Rayons.
De la Zone à Faibles Émissions à l’accès à l’emploi
Ces dernières années, la régie a structuré une offre très large à destination de ses salariés en insertion comme des habitants. Le conseil en mobilité en constitue aujourd’hui le socle. Initialement pensé pour préparer le déploiement de la Zone à Faibles Émissions (ZFE) du Grand Paris, ce dispositif s’est progressivement étendu à l’ensemble des enjeux de déplacements du territoire. Chacun peut ainsi bénéficier d’un diagnostic qui permet d’identifier ses besoins et ses contraintes.
L’accompagnement se construit ensuite sur mesure : aide à la compréhension des aides existantes, découverte des alternatives à la voiture individuelle, apprentissage des transports en commun, remise en selle. « Notre ambition est d’aplanir toutes les difficultés matérielles, financières, psychologiques ou même linguistiques qui peuvent empêcher quelqu’un de se déplacer de manière autonome, poursuit Anas Dwaik. C’est une clé essentielle pour l’accès à l’emploi et aux droits. » Dans ce cadre, la régie propose notamment un accompagnement gratuit au passage du code, animé par un ancien moniteur d’auto-école qui s’appuie sur une pédagogie adaptée aux publics peu à l’aise avec l’écrit et la langue française.
Tous en selle vers l’autonomie
Autre pilier du dispositif : une vélo-école. Ouverte presque toute l’année, elle accueille des habitants de 9 à 74 ans, presque exclusivement des femmes « parce que les hommes ont souvent honte d’avouer qu’ils ne savent pas faire de vélo », remarque Anas Dwaik. Pour beaucoup, il s’agit moins d’apprendre à pédaler que de reprendre confiance, de se réapproprier l’espace public et d’accéder à plus de liberté. Au-delà de l’apprentissage, la régie agit aussi sur la durée de vie des vélos avec un atelier accessible à tous les habitants pour une cotisation annuelle de 10 €. Au menu : des services de réparation ou d’auto-réparation accompagnée, mais aussi des ateliers d’initiation à la mécanique vélo.
Enfin, Les Rayons sont également l’un des membres fondateurs de Trajectoires, une plateforme de mobilité durable et solidaire qui devrait ouvrir ses portes d’ici 2028, avec l’objectif affiché de faire de la mobilité un outil d’inclusion sociale, de transition écologique et de développement économique local, à l’échelle de tout Plaine Commune.